L’extrême droite herbretaise et la culture

Avis aux lecteurs herbretais qui voudraient aller à la bibliothèque municipale pour se procurer le livre Identitaire, le mauvais génie du christianisme : ils feront chou blanc. Nous avons essayé et on nous a répondu que « ce livre est trop polémique », puis « qu’il ne correspond pas à la demande d’une majorité de lecteurs de la bibliothèque »… Comme en termes élégants ces choses-là sont dites ! Car cela n’a bien sûr rien à voir avec le fait que la maire des Herbiers (1ère Vice-présidente du MPF) est très proche des mouvements identitaires dénoncés dans le livre.

L’auteur Erwan Le Morhedec, catholique progressiste, s’en prend aux catholiques prêts à s’abandonner aux réseaux d’extrême droite : « Les uns s’affichent éternels gardiens d’une chrétienté révolue. Les autres se revendiquent nouveaux croisés du monde blanc. Ils ont en commun de promouvoir une synthèse identitaire, à la fois religieuse et politique. »

De quoi jeter un éclairage intéressant sur ce qui se joue en coulisses à la mairie des Herbiers. Où l’on a vu, en effet, que les recrutements pouvaient être désormais très « identitaires ». A commencer par celui du responsable du service com’, qui était engagé auparavant à la Ligue du Sud du couple Bompard (ex-FN), dans le Vaucluse.

La question culturelle serait le cheval de bataille des identitaires, très inquiets de toute forme d’ouverture. Aux Herbiers, au-delà de la bibliothèque, il n’est donc pas surprenant de les voir s’intéresser de très près à tout ce qui est créatif, porteur de valeurs, de sens et de nouveauté.

En voici un petit aperçu :

Livres : Le festival Mai Livre, ponctué d’animations et de spectacles, a été supprimé. La manifestation Livres en fête a été réduite de 10 à 2 jours.

Théâtre : La compagnie Zany Corneto – qui a aussi le grand tort de s’engager contre l’extrême droite – s’est vue retirer sa participation à l’organisation de l’ouverture de la saison culturelle herbretaise en 2014 ; a été écartée de Fest’Avril depuis l’édition 2015 ; et a également été écartée de la médiation culturelle auprès des scolaires. Enfin, à ce jour, la compagnie ne peut plus disposer d’une salle pour jouer sa pièce La bête n’est pas morte (sur les camps de concentration).

Maison de la Petite Enfance : Le spectacle vivant de la fête d’été a été annulé ; la semaine de la petite enfance a été ramenée d’une semaine et demie à deux jours.

Danse : La danse contemporaine a quasi disparu de la programmation.

Cinéma : La ville en prend le contrôle en mettant en place une délégation de service public.

Arts plastiques : Notre commune a mis fin au partenariat avec le Fonds régional d’art contemporain (FRAC).

Pour couronner le tout, la commission culture n’est consultée ni sur le choix des spectacles ni sur la politique culturelle…

Il est vrai que face à cela on nous propose des fresques rétro, on met la priorité sur les vieilles pierres, on se rapproche du Puy du Fou, et on fête le 14 juillet en honorant… l’Amiral de l’Etenduère ! Autrement dit : stop à l’ouverture et à la créativité, et cap sur le passé. Très identitaire en effet.

 

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