Les idées-forces sur les migrations

Le 29 septembre 2017, la conférence de Catherine Wihtol de Wenden a été unanimement appréciée, même si le contenu était parfois dense. Nous avons accueilli 120 personnes dans l’amphi du lycée Jean-Monnet, aux Herbiers.

Mme Wihtol de Wenden, directrice de recherche au CNRS et docteur d’Etat en science politique, est une spécialiste des migrations internationales. Elle a été consultante auprès de l’OCDE, du Conseil de l’Europe, de la Commission européenne et « expert externe » auprès du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés.
Après le refus de la maire des Herbiers d’accueillir des migrants, il nous avait semblé utile de prendre de la hauteur et de mettre la question des migrations dans son contexte international.

 

Vous retrouverez ci-dessous les idées principales développées par la conférencière :

– Les migrations internationales concernent aujourd’hui 244 millions de personnes dans le monde (3,5 %) et les migrations internes 740 millions de personnes, soit trois fois plus. On constate une régionalisation du phénomène.

– Les migrations Sud-Sud se sont considérablement développées ; elles concernent les 2/3 des migrants.

– Le phénomène migratoire est structurel, qu’on soit pour ou contre il est là. « Heureusement qu’il y a des migrations, sinon c’est la marmite qui explose. »

– Les migrants sont rarement les plus pauvres, car il faut des moyens financiers et un certain niveau de compétence pour partir. Seules les migrations « climatiques » concernent les plus pauvres, mais ce sont des migrations essentiellement locales (sud-sud).

– Avec la guerre en Syrie, l’Europe devait accueillir 160 000 personnes. La France, qui avait un objectif de 30 000, en a accueilli 5 à 6 000 seulement. Il y a une crise de la solidarité européenne (Hongrie, Pologne, Rép. Tchèque…).

– L’Europe, avec la crise du souverainisme, connaît une faiblesse de ses valeurs (humanisme, tolérance…), ce qui entre en contradiction avec sa politique libérale d’ouverture, notamment des frontières…

– La fermeture des frontières crée une sédentarisation : une identité qui n’évolue pas est une identité qui meurt.

– La crise qu’on connaît, c’est une crise de l’accueil, alimentée médiatiquement par l’imaginaire de la peur (30 ans de FN…). Il y a un manque de volonté politique.

– L’aide au développement des pays pauvres ne va pas arrêter les migrations. Elle les aide, au contraire, puisqu’elle élève le niveau de formation des populations en même temps que leur celui de leurs moyens financiers.

– La plupart des pays de départ ont connu leur transition démographique (le taux de natalité est passé de 6 % à 2,5 %) sauf l’Afrique ; laquelle pourrait la connaître à son tour…

– Les pays de départ ne sont pas prêts à enrayer les migrations du fait de l’apport économique en retour (10 % du PIB du Maroc…)

– Pour résoudre le problème, les pays d’accueil doivent ouvrir leur marché du travail aux migrants. Et il faut harmoniser le droit d’asile en Europe (en France, 70 % des demandeurs d’asile sont déboutés)

– L’accueil de migrants a un effet positif sur l’économie puisqu’il crée de l’activité. Et nous recevons alors des personnes en âge de travailler, pas des enfants qu’il faut former ou des personnes âgées qu’il faut soigner et accompagner. Sans oublier que le niveau moyen de formation des migrants est supérieur au niveau moyen des pays d’accueil.

Voilà. Beaucoup d’autres choses ont été dites, mais ça donne une petite idée. Voir aussi le livre de Mme de Wenden : L’immigration, aux éditions Eyrolles Pratique (sans doute encore disponible à la Maison de la presse des Herbiers).

 

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