A quand, la reconquête de qualité de l’eau ?

Lors du conseil de communauté de communes du Pays des Herbiers (CCPH), le 21 décembre 2017, Thierry Cousseau a profité de la prise de compétence par la CCPH de la gestion des milieux aquatiques et de la prévention des inondations (GEMAPI) pour faire un constat – alarmant – sur la ressource en eau de notre territoire :

 » Je rappelle que l’état écologique des masses d’eau et des cours d’eau du territoire est considéré comme « moyen » selon le ministère de l’écologie (2014). Dans la communauté de communes du pays des Herbiers, les eaux souterraines sont polluées, tous pesticides confondus,  de 11 à 12% plus que la moyenne nationale. Mais selon Terres&Rivières et la préfecture, la totalité des eaux de surface est classée de « mauvais » à « très mauvais » état écologique (chimique et bactériologique).

En janvier 2008, la France a été mise en demeure par l’Europe d’améliorer la qualité de l’eau du bassin de la Bultière.

Grâce à une volonté politique de la CCPH lors du précédent mandat, des actions ont été menées dans le cadre du programme LEADER de reconquête de la qualité de l’eau (2009-2015).

Neuf ans plus tard, l’eau que nous buvons est toujours puisée dans des eaux de surface trop chargées en matières organiques, nitrates et pesticides. Elle n’est potable qu’après des traitements coûteux de dépollution et grâce à la dilution avec de l’eau importée par aqueducs (3,3 millions € pour la liaison Loire-Bultière), coûts tous payés par la collectivité.

Ces dépenses n’avaient de sens que pour donner aux agriculteurs et à chaque citoyen le temps d’évoluer vers des pratiques moins consommatrices en eau, en engrais et pesticides.

Aujourd’hui ce n’est pas le cas. On ne constate pas d’amélioration, puisque la totalité des cours d’eau de notre territoire est en mauvais état écologique, et que nos nappes phréatiques sont polluées avec des taux de pesticides supérieurs de 11% à la moyenne nationale, et que nous avons des taux de nitrates partout supérieurs aux normes. De plus, la sécheresse ne fait qu’aggraver l’état de la ressource.

Notre responsabilité envers l’environnement et la santé publique doit rester au cœur des préoccupations communautaires.

Où en est-on sur les actions en faveur de la reconquête de la qualité de l’eau ? »

(Déclaration largement inspirée par la tribune de la liste Alternative citoyenne, de Mouchamps, pour le magazine de com-com de janvier 2018)

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3 réponses

  1. Forum Citoyen dit :

    Comment est-il possible, après on ne sait combien de plans agricoles sur le sujet (PMPOA 1, PMPOA 2, LEADER…), qu’on trouve encore des fermes dont les effluents se déversent toujours dans les fossés, puis dans la rivière la plus proche ?!!!!…

  2. joliard dit :

    L’eau est un bien commun qu’il convient de protéger. La bonne gestion de cette ressource est un impératif sanitaire et une marque de respect à l’égard des générations à venir. Le développement de notre Bocage repose sur une économie respectueuse de son environnement et capable d’assurer l’égalité sociale.

    • joliard dit :

      A Nesmy, près de la Roche-sur-Yon, une ancienne décharge pollue l’eau. Le cabinet Burgeap a repéré « des suintements de la décharge dans les eaux de surface avec présence de polluants » (O-F du 23/12/2017). Au Pays des Herbiers, ils existent plusieurs décharges sauvages datant des années 1960/70 qui pourraient poser les mêmes problèmes. Souvent créés à l’initiative des industries locales, ces « dépôts » étaient tolérés par les Mairies. Ainsi, à Mesnard-la-Barotière, au lieu-dit « le chemin creux « , entre les hameaux de la Millière et du Retail, l’entreprise de chaussures Charbonneau, a déposé pendant des années des déchets de cuir et plus grave, des bidons de produits chimiques (colles). Aujourd’hui, le site a été recouvert de terre et le chemin creux a été transformé en sentier pédestre. Néanmoins, lors de fortes pluies, la pente conduit inexorablement les molécules vers le ruisseau du Longuenay proche de 400 m. qui alimente l’usine d’eau potable de la Bultière.
      Les élus de Forum réclament, depuis des années, le recensement et le suivi de ces décharges. C’est une question de santé publique.

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