La pénurie de médecins s’aggrave

En début d’année, l’Agence régionale de santé (ARS) a classé le secteur des Herbiers en Zone d’intervention prioritaire. Puis une enquête du Centre de soins infirmiers (ASSI)* a précisé le besoin : plus de 10 % des personnes sont sans médecin généraliste et la même proportion va consulter à plus de 10 km du domicile. Plus grave : d’ici à 2020, au moins trois médecins devraient partir à la retraite. Aujourd’hui, nous avons en moyenne un médecin généraliste pour 1840 habitants. Si nous ne faisons rien, la proportion sera d’un pour 2530 dans trois ans ! (La moyenne française actuelle est de 864…)

Un Pôle santé insuffisant

En matière de réponse, lors du mandat précédent, Marcel Albert avait mis sur pied le Pôle santé. Une bonne chose pour des médecins à la recherche de conditions de travail acceptables et de pluridisciplinarité, notamment les jeunes à l’occasion d’une première installation. Mais la réponse est loin d’être à la hauteur du besoin, il faut sans tarder attirer aujourd’hui d’autres généralistes ainsi que certains spécialistes.

La communauté de communes a élaboré, fin 2016, un « Forum d’avenir » qui fixe des objectifs d’installation pour les 5 ans à venir : généralistes, cardiologue, dentistes, orthodontistes, ophtalmologiste, radiologue, gynécologue… Mais bien que l’action soit classée prioritaire, rien n’a été fait depuis, si ce n’est organiser quelques permanences de cliniques environnantes. C’est très insuffisant.

Recruter des médecins salariés

A la suite de son enquête, le centre de soins infirmiers a annoncé envisager de salarier deux, voire trois médecins généralistes. Dans la région, deux centres similaires l’ont déjà fait (Varades et St-Père-en-Retz) et six autres sont dans la même démarche.
Cette initiative, que nous approuvons bien évidemment, était à notre programme de campagne des dernières municipales. Mais à la charge de la municipalité. Et cette nécessité reste, malgré la démarche privée de l’ASSI. On l’a vu, le besoin pour les années qui viennent va bien au-delà de 2 ou 3 généralistes, sans compter l’accroissement et le vieillissement à venir de la population.
Notre collectivité locale, qui a maintenant un outil adapté avec le Pôle santé, doit s’impliquer. Et – encore une fois ! – le bon échelon pour prendre une telle initiative est certainement celui de la communauté de communes, tant la difficulté est partagée par nos voisins. Il est vrai que ces actions publiques volontaristes ne sont pas toujours couronnées de succès (voir Vendrennes), mais elles pourraient gagner en efficacité si elles étaient mieux coordonnées et pensées dès le départ à une échelle plus large que la commune.

Nous savons que le statut de médecin salarié est plus attractif que celui de libéral, car il facilite l’équilibre entre vies familiale et professionnelle comme les échanges entre praticiens. Par ailleurs, pour favoriser l’installation de médecins généralistes en zone prioritaire, l’ARS propose des aides incitatives financières importantes et un accompagnement renforcé. Quoi qu’il en soit, la collectivité d’accueil doit tout mettre en œuvre pour faciliter leur arrivée et leur intégration (travail du conjoint, …).

Bien sûr, d’autres réponses que le salariat devront être apportées, par la loi notamment, en structurant le système de santé autour de la médecine de proximité et surtout de la prévention.

*Enquête sur Les Herbiers, St Paul, Mesnard et Chambretaud.

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