Les bénévoles d’Ami au chevet des migrants

Article de Ouest-France – 18.09.2018

Un appel aux dons est lancé par l’association Ami au pays des Herbiers pour loger des familles déboutées du droit d’asile. Une main tendue dans ce combat pour la « dignité humaine ».

Devant son imposante bibliothèque où s’entremêlent les atlas et les biographies, Gilles Grimaud pèse ses mots. « C’est inacceptable d’imaginer des personnes vivre dehors, surtout des familles. Sans savoir où aller… C’est insupportable », déplore le président de l’association renommée Ami au Pays des Herbiers en janvier dernier.

Ami pour accueil des migrants, un nom moins « clivant » que l’ancienne dénomination de 2008, Comité de vigilance. « Avec ce changement, nous sommes passés de 20 à 60 adhérents », se félicite Jeannette Belaud, une bénévole.

Un changement de vitrine pour insuffler une nouvelle dynamique et mener à bien les projets de solidarité envers les migrants.

Le dernier combat de l’association herbretaise ? Aider deux familles, une Géorgienne et l’autre Albanaise, qui peuvent à « tout moment » être expulsées du territoire suite à des recours déboutés et la redoutée OQTF : l’obligation de quitter le territoire français.

Une aide à la « survie »
« Depuis 2016 et 2017, elles étaient logées dans deux appartements du Cada (Centre d’accueil des demandeurs d’asile) aux Herbiers pendant l’examen de leur demande d’asile. Mais elles n’y ont plus droit », regrette Babeth Bénéteau, bénévole. L’association a donc décidé de louer un appartement en ville pour les aider à « survivre ». Grâce aux associations humanitaires locales et aux Restos du cœur, elles peuvent manger mais le loyer n’est pas gratuit.

« On propose aux donateurs de donner 5€ par mois pendant un an », explique Gilles Grimaud. D’où le nom de l’opération : cent dons pour un toit. Passé ce cap, les familles pourront prolonger leur séjour dans le Bocage. Ce sera le thème principal d’une réunion d’information ce mercredi 19 septembre pour sensibiliser les citoyens.

Lutter contre les images « de peur ».
Le « risque » a été pris de payer en avance les loyers, mais l’espoir est là. Même si le message de fraternité devient moins en moins audible face aux « images de peur et les clichés des discours extrémistes », explique Babeth Bénéteau. « Ils ne volent le travail de personne. Sans les migrants, les entreprises du Bocage tourneraient moins bien. Ils font des métiers que personne ne veut faire », lance Jeannette Belaud.

Depuis des années, les bénévoles soutiennent administrativement ces « personnes qui ont tout sacrifié et qui ne peuvent rentrer chez eux ». En plus d’un soutien moral. Comme cette chorale multiculturelle Ofatakè, qui a rencontré un vif succès en décembre dernier dans l’Église des Herbiers. « C’était émouvant. Les gens se disent insensibles mais quand ils rencontrent des migrants, l’avis n’est plus le même », confie Gilles Grimaud. En témoignent les nombreux dons après ces représentations. Une générosité que l’association appelle de tous ses vœux. Question de « dignité humaine ».

Réunion publique, mercredi 19 septembre, salle de la Mijotière aux Herbiers, 20 h 30.

Contact de l’association au 07 86 48 13 21.

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