Vers une autonomie énergétique au Pays des Herbiers

En février 2016, Forum citoyen organisait une conférence sur le thème « L’autonomie énergétique au Pays des Herbiers ». Suite à l’initiative mentionnée ci-contre, nous en republions le compte-rendu.

Au Pays des Herbiers, peut-on produire toute l’énergie dont on a besoin avec les énergies renouvelables ? L’actualité récente (COP21 ; loi sur la Transition Energétique ; Scénario Régional ; Plan Vendée Energies Nouvelles) nous pousse à poser cette question.

Il y a beaucoup d’enjeux

Environnementaux, avec la croissance dramatique des gaz à effet de serre (GES) et les pollutions néfastes pour notre santé… Budgétaires, pour les ménages, les industries et les collectivités. Sociaux, quand il faut faire en sorte que ces économies soient accessibles aux 20 % des plus pauvres d’entre nous. Des enjeux économiques aussi, car notre territoire n’a pas le droit de rater le virage des filières vertes, avec une relocalisation des emplois à la clé. Et enfin des enjeux d’indépendance vis-à-vis de nos fournisseurs étrangers de gaz et de pétrole.

Avec quels objectifs ?

La Région Pays-de-Loire, comme l’Etat, ambitionne à l’horizon 2050 de diviser sa consommation d’énergie par deux et ses émissions de GES par quatre ! Qui plus est, elle veut stabiliser sa consommation électrique et faire en sorte que l’équivalent de celle-ci soit produit par les énergies renouvelables. Le Département annonce pour 2025 une autonomie énergétique de 50 % ; selon lui, la Vendée dispose de potentialités importantes. Nous devons bien sûr y prendre notre part.

Qu’est-ce que l’Agenda 21 ?

Elaboré en 2009 par notre communauté de communes, il met l’accent, lui, sur les économies d’énergie. Par exemple, la permanence Info Energies a conduit à plus de 3000 subventions, lesquelles ont généré vingt fois plus d’investissements. Pour ce programme, nous avons été reconnus Territoire à énergie positive pour la croissance verte. Malheureusement, il est aujourd’hui en panne, les élus actuels ne jouant plus le rôle dynamisant qui leur revient.

Deux axes de travail : les économies et la production d’énergie

Nous devons encore gagner en sobriété et en efficacité énergétiques, en intensifiant notre action grâce à une Plateforme locale de la rénovation énergétique (suite de l’espace Infos Energie). Particulièrement dans les trois secteurs où nous avons une grosse marge de progrès : auprès des personnes les plus démunies, dans l’isolation des bâtiments anciens et dans le transport. La ville doit montrer l’exemple en programmant l’isolation de tous les bâtiments publics, et la com-com peut proposer un guichet unique réunissant tous les acteurs (techniciens, financiers, pouvoirs publics…).

D’autre part, nous devons élaborer une stratégie de production d’énergie sur le territoire. Une étude récente a montré que sur une consommation annuelle de 59 000 Tonnes équivalent pétrole, nous pouvons en produire 36 000 avec l’éolien, le solaire, le bois et la méthanisation. Déjà pas mal d’initiatives ont été prises dans ce sens, mais nous pouvons aller beaucoup plus loin si la com-com décide de faire preuve de volontarisme.

La solution est en chacun d’entre nous, et nos comportements quotidiens seront déterminants. Mais c’est aussi une question de volonté politique ; les élus doivent redevenir les moteurs de cette démarche.

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2 réponses

  1. Forum Citoyen dit :

    En photo, l’unité de méthanisation des frères Pineau, près de la Cossonière. La structure leur permet de chauffer les poulaillers voisins, qu’ils ont fait construire pour l’occasion. Le fumier en constitue la matière première. Mélangé avec de l’eau de pluie et du lisier parfois, il est broyé puis brassé à l’intérieur d’un digesteur d’une capacité de 1 100 m3 en forme de dôme. Il nécessite une alimentation régulière et une température d’environ 38°C. Le résultat, à la sortie, c’est le digestat, un engrais fertilisant et peu odorant. Il permet ainsi de nourrir les plantes. Le méthane, lui, est transformé en électricité, laquelle est ensuite vendue à EDF. Seul déchet irréductible : le gaz carbonique. Les deux agriculteurs pourraient aussi se lancer dans l’éolien… (D’après Ouest-France du 04.02.2016)

  2. Frantz Desprez dit :

    Au moins un inconvénient quand même : le non retour du carbone dans le sol. Incorporé chimiquement au méthane ou largué directement dans l’atmosphère sous forme de CO², on empêche avec la méthanisation la reconstitution de l’humus et le rôle de puits de carbone du sol. On neutralise ainsi voire on contribue à l’effet de serre + on diminue la vie biologique du sol et sa capacité hydrophile.

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