Un exemple de vie de quartier à développer

Ci-dessous, l’article de Ouest-France du 04.01.2019

Le composteur les aide à digérer la redevance

De nombreux locataires de la résidence des Alouettes, rue de Clisson, attendaient un bac de compostage depuis longtemps. Il a été installé en septembre.

3 °C au thermomètre, samedi 15 décembre 2018. Le crachin, balayé par le vent, pique les oreilles et mord les doigts. Il en faudrait plus pour décourager Jocelyne et Corinne. Capuche serrée sur la tête, ces deux habitantes de la résidence des Alouettes sont bien emmitouflées dans leur parka. Et surtout, la motivation leur fait presque oublier le froid.

Aujourd’hui, c’est leur tout d’assurer l’ouverture du bac de compostage installé en septembre par des agents de la communauté de communes. La petite cabane rend un fier service aux locataires des appartements de la rue de Clisson, gérés par le bailleurs social Vendée habitat.

Il y a trois ans, l’arrivée de la redevance incitative a mis tout le monde dos au mur, face à sa production de déchets. Ceux qui possèdent un jardin ont pu facilement mettre de côté les fermentescibles et ainsi diminuer leur volume d’ordures ménagères. Mais quid de ceux qui vient en appartement ?

Problèmes de stockage et d’odeurs

C’est là que le bas blesse. Le système s’est avéré injuste, sans compter les problèmes de stockage et d’odeurs. « Ici, nous n’avons pas de balcon », indique Corinne. » On doit entreposer les sacs dans le cagibi de la cuisine », complète Roseline, une autre résidente. Evidemment, chacun veut remplir au mieux le tambour du conteneur pour rester dans les clous de son forfait. « Ca m’est arrivé une fois de le dépasser. Ca fait quand même 4 € à payer en plus », grimace une locataire.

Le bac de compostage a montré son utilité. Testé dès 2012 à la Demoiselle, il y a été pérennisé. « Ici, nous avons dû en faire la demande à la communauté de communes », souligne Roseline. « Des gens qui vivent dans les tours sont venus nous expliquer comment ils s’organisent », explique Guy. Puis, tous les locataires des Alouettes ont été informés.

Résultat : une grosse poignée d’habitants s’est portée volontaire pour déverrouiller le cadenas chaque samedi. Ils sont désormais une dizaine à se relayer, deux par deux. « Il faut une surveillance, remarque Roseline. Le bac ne peut pas rester à disposition tout le temps, sinon il y a le danger que des gens de n’importe où viennent y déposer n’importe quoi. »

Un seul regret

Le défilé de ceux qui viennent vider leur seau d’épluchures, marc de café, fleurs fanées, etc. , fait vite passer le temps aux deux vigiles du jour. « On compte entre quinze et vingt dépôts à chaque fois », recense Jocelyne. C’est un bon début. La résidence compte cent appartements : il reste encore du monde à convaincre. Mais ça progresse. En trois mois, le tas de déchets est devenu bien dodu. « On pourra bientôt récupérer un peu de terre pour nos plantes », glisse Corinne. En attendant, tous apprécient que le rendez-vous hebdomadaire « permette de faire connaissance avec nos voisins ».

Les habitants de la résidence n’ont qu’un seul regret : que le bas n’ait pas été installé plus tôt. « Nous avons voulu réutiliser celui qui servait aux tours de la Demoiselle où un autre, plus grand, a été mis en place », explique Hervé Robineau, premier vice-président de la communauté de communes du pays des Herbiers. L’élu envisage de multiplier le dispositif dans l’intercommunalité, là « où il y a des immeubles et des personnes volontaires pour s’en charger ».

Roselyne SENE.

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